
Tiens, un texto ! Oops un sexto ! Andrea Owen
C’est drôle, je ne sais plus si j’étais dans un kiosque ou chez le coiffeur mais un magazine est passé entre mes mains (super !) et j’ai vu en titre de rubrique quelque chose comme « inquiétant… adolescents… sexto ».
J’aurais peut-être dû le lire. N’ayant pas d’adolescents à la maison, même si mon âge mental frôle parfois celui d’une ado, j’ai zappé. D’après le titre, si je comprends bien, les ados s’envoient des textos à caractère sexuels. En fait, il y a une profonde mutation dans la sexualité des jeunes, qui n’ont pas du tout les mêmes valeurs que leurs parents, ni les mêmes moyens, ni la même liberté. Et, ceci dit, n’ayant pas d’enfants à élever je ne m’avance pas trop.
Non, le coup des sextos, ça me revient quand mon meilleur ami, ayant lu sur mon visage un mélange d’exaspération et d’amusement à la lecture d’un texto m’a arraché mon téléphone des mains (chose que j’esquive très bien en temps normal mais là je n’avais pas la force de me battre avec lui).
J’aurais pu me passer de sa réflexion : « tu sais que quand on envoie ce genre de sms à une fille, c’est parce qu’on la prend pour une vraie s….. ».
Heureusement que c’est la fin de l’année.
Du coup, réflexion. Amusement parce que ça remplace le téléphone rose, exaspération parce qu’on sent que c’est là où le mec veut en venir, de manière insidieuse on voit le sextotage qui se profile.
En version préliminaires, quand ça fonctionne c’est l’apothéose. En revanche, quand les mots font plus peur que l’acte et que l’on se retrouve avec un homme qui n’est capable de rien, même pas d’une érection, alors oui on regrette la séance de « chauffe » par téléphone.
Je reviendrais certainement sur une conséquence désastreuse de l’excitation à portée de texto.
Fin d’année donc. Un amant esseulé au mariage d’un ami. Orchestre de jazz. Il n’y a rien de pire que d’assister à un mariage seul, j’en conviens, en plus l’amant sait que j’adore le jazz, donc il pense à moi à cet instant, cette pensée se concrétise en texto. Il écoute ce jazz et, pense à moi en train de lui faire l’amour.
Sourires. Bien-sûr. Je prends la perche et lui réponds que j’aimerais faire l’amour avec lui sur fond de musique jazz. Il me veut. Je réponds que je le veux de la même façon (I want you the same way).
Aaaah ! Là j’ouvre une porte qui, apparemment était fermée jusqu’à présent. Car, jusqu’à aujourd’hui, nous étions dans la phase très « respectueux l’un envers l’autre » dans nos rapports. Très romantiques également. Mais c’est amusant de constater qu’un homme, aussi romantique et respectueux qu’il soit, ne pourra s’empêcher de redevenir bestial. C’est d’autant plus amusant quand c’est un homme, comment dire, qui de part son métier représente l’intégrité, la droiture, le respect, les valeurs, la morale, etc… Je sais ça n’a rien à voir.
Oui, son métier n’a aucun rapport avec sa vie privée. L’inverse est vrai. Comme il le dit si bien, il laisse sa conscience à la maison lorsqu’il est au travail. J’en conviens, ce n’est pas très clair.
Des débuts conventionnels du genre « j’ai envie de faire l’amour avec toi ». Mais rien qu’avec ça, on devine que ça va être l’escalade. On aurait pu en rester là. Et j’ai fait en sorte d’être distante, de ne pas tomber dans le panneau pour voir jusqu’où il allait aller. Il continua donc de m’embrasser, d’abord les lèvres, ensuite chaque partie de mon « superbe corps ».
Je n’ai pas l’intention de dévoiler TOUS les textos que nous avons échangés, mais j’avoue que j’aime beaucoup la façon dont cela est monté en puissance. Comme une jouissance. Jouissance qui a finit par être bien réelle, puisque c’est le but non ?
Au début ça partait d’une bonne intention mais après c’est vite devenu du free style. Une différence fondamentale, encore une autre, entre l’homme et la femme. Un homme peut se caresser pour de petits riens, pour une image, un mot. Pour qu’une femme se caresse, ce peut être grâce aux mêmes stimuli mais pas de manière aussi « spontanée ». Je me comprends.
Je me demande si le téléphone (la distance physique) désinhibe totalement. On se lâche plus facilement et on découvre une facette de la personnalité de l’autre qu’on ignorait encore il y a quelques minutes.
Place aux mots crus et à l’action ! Et en plus je dois tenir le rythme. Quand je fais une pause, je suis (gentiment) sommée de donner forces détails. L’importance des mots je vous dis.
Je devrais arrêter de vivre au pays des merveilles, jamais je n’aurais imaginé :
- Qu’il puisse m’envoyer des textos genre « téléphone rose », même si plus d’une fois je sentais que c’est là où il voulait me mener
- Qu’il puisse employer des mots aussi hard
- Je devrais préciser qu’il y a une différence notable entre ce que nous avons fait (oui, on se connaît à peine donc nous ne sommes qu’au début de l’exploration) et la teneur de ses propos
- J’espère que ça ne restera pas au stade du texto :p
C’est rassurant de voir que je reste sa principale préoccupation, malgré le côté un peu « égoïste » du sexto genre excite-moi-baby-que-je-me-caresse-a-défaut-de-t-avoir, je suis flattée de savoir que ce qui l’importe c’est mon plaisir et qu’il a envie de me faire pleins pleins de choses !!!!!
Finalement, le plus étonnant reste son dernier texto, impudeur et exhibitionnisme.
La fin (et la faim !) justifie les moyens.























